Thérésa Cabarrus est une jeune femme d’origine espagnole. Elle quitte le domaine familial de Carabanchel dès sa prime adolescence, pour voir « le monde » en la ville de
Paris.
Sa beauté et sa précocité lui ouvrent beaucoup de portes, dont certaines sont
prestigieuses. Elle parvient ainsi, au travers d’alliances maritales, de relations galantes, à influer sur la vie parisienne, tant au niveau de la mode qu’au niveau de la politique. Elle devient
une femme phare, en ligne de mire des gazettes de Paris, les ancêtres de nos tabloïds. Elle est celle qui sera entre autre nommée Notre-Dame du Bon-Secours dû à sa générosité,
Notre-Dame de Thermidor pour son rôle implicite dans le déroulement de la révolution et enfin, Reine de Paris dû à son esprit érudit.
Comment traversa-t-elle les épisodes de la révolution ?
Quelle sera le poids qu’elle imposera à l’histoire de France, via ses conquêtes
de prestige ?
Mon avis:
Nous traversons les grandes lignes des évènements révolutionnaires de 1789,
accompagnant Thérésa Cabarrus et son atypique et libertin parcours de haute séduction.
Nous apprécions les rapports imbriqués et alambiqués de divers personnages ayant
pesés sur le devenir de l’histoire de France, durant ses périodes de terreurs, de troubles et de renouveaux. De la légèreté séductrice d'une houri peut découler bien des évènements, via les
puissants si facilement ensorcelés par sa conquête ou rebiffés d’être éconduits.
Suite de : "La petite fille dans le cercle de la lune"
qui donnera naissance à "L'île sous la
lune".
L'intrigue :
Nous suivons le parcours chaotique de trois femmes originaires des Samoa. Elles évoluent aux
travers des difficultés rencontrées à tenter de se défaire des carcans familiaux et culturels, dans un monde d’une dureté psychologique antinomique d’avec la tropicale beauté de leur
pays.
Que signifient les tatouages corporels dont ces femmes se parent ?
Pourquoi, précisément pour ce récit, sont-ils inachevés ?
Quelles en seront les conséquences ?
Mon avis :
Sia Figiel nous claque la vérité troublante de sécheresse, des relations au sein d’une famille
issue des Samoa.
Elle dépeint non sans une certaine poésie, le choc entre la douceur existant en chacun des
personnages et la violente vacuité sentimentale dont ils sont capables envers les leurs.
Surprenant, quelque peu déstabilisant mais enrichissant.
Le chef de la police criminelle de Cape Town, Ali Neuman, doit évoluer dans une Afrique du Sud
corrompue, où la violence reste le fléau majeur avec le sida.
L’apartheid ayant des rémanences soufrées, distille des méandres mafieuses qui font la pluie et
le beau temps à Cap Town.
Des assassinats d’une sauvage cruauté surviennent, amenant Ali à affronter une terrible
machinerie du crime et du profit organisés.
Mon avis :
Caryl Férey base l’histoire d’Ali Neuman, sur des lieux et un contexte géopolitique qu’il
connaît bien, pour avoir séjourné en Afrique australe. L’engrenage de l’enquête à mener par Neuman, nous agrippe rapidement et nous entraîne, tel un grand huit infernal, dans les arcanes
nuisibles, terrifiantes, viciées et extrêmement dangereuses des groupuscules divers et variés qui prospèrent en ces contrées.
L’histoire est ficelée de main de maître et nous laisse à son terme, haletants et gorgés
d’ocres, de soleil lourd et de poussière.
Très efficace et divertissant pour qui aime les romans noirs.
Il s’agit
d’un recueil de petits textes regroupés en quatre parties distinctes :
Sonate pour un homme
seul.
Sonate pour un enfant
roi.
Sonate de
novembre.
Lamento.
Carl Norac nous fait le cadeau de sentiments et ressentis ponctuels, qui ont jalonné
son existence, son imaginaire. Il redonne ses lettres de noblesse à la poésie. Ici, pas une rime (que j’apprécie pourtant tant), pas de retour en majuscule à la ligne, pas de nombre de pieds, pas
de forme précise, mais un fond hors norme.
Chacun de ses textes est d’une poésie à couper le souffle. Chaque phrase, chaque mot
est exacerbé, arborant ses acceptions les plus retranchées, chargé d’images et de métaphores d’une richesse étonnante.
La lecture de cet ouvrage se doit d’être dans le calme et la concentration, car
celle-ci est double, voire triple. Chaque écrit vous laisse après lecture, moult images, de très fortes sensations via le sourire ou les larmes qui s’invitent.
Carl Norac n’a certainement eu d’autre dessein que de laisser son cœur se saisir de
sa plume et se raconter. Il a simplement donné libre court à l’épanchement du sang de ses larmes, à l’écoulement du soleil de ses joies, sur ses pages. La magie opère de suite. Cet auteur qui
nous invite si souvent au rêve, au travers de termes simples, dans ces magnifiques albums pour enfants (et grands), nous emmène ici si loin par la magie et la puissance qu’il place en chacun de
ses mots, que nous en éprouvons le sentiment d’un voyage au long cours, sur les vagues d’une poésie si pure.
Hélène Grimaud profite de ses vacances afin d’effectuer un voyage initiatique. Son
but est de retrouver la foi en sa musique, la foi en sa foi, la foi en la notion de bonheur accessible.
Elle se sent dévoyée, appesantie d’une ineffable tristesse s’étant infiltrée en
elle.
Le tumulte de sa vie, petit à petit, ne lui offre plus que la superficialité des
choses, des êtres, d’elle-même.
Il lui est alors nécessaire de se sonder en profondeur, de définir ce à quoi elle
aspire vraiment.
Mon
avis :
Hélène Grimaud nous fait part de sa quête du bonheur. Pour ceci, elle nous propose
de partager sa recherche de la vérité des choses, de la sincérité et authenticité des êtres. Elle nous amène à nous retourner, au travers de son expérience personnelle, sur notre propre parcours.
Sommes-nous bien accordés sur la portée de notre existence ?
Avons-nous trouvé la voie de l’euphonie ou bien subissons-nous nos vies en une
assourdissante cacophonie ?
En avons-nous seulement conscience ?
Sommes-nous prêts à nous remettre en cause, de prendre le recul nécessaire à cette
salutaire réflexion.
Des mots forts. Des images parlantes. Des questions et interrogations
percutantes ! Voilà ce que nous propose Hélène Grimaud dans Leçons particulières.
Une puissante philosophie de vie, parce que forte et saine, se dégage de son
récit.
Une femme demeurée, la Varienne, vit seule dans sa petite maison, avec sa fille,
Luce.
Un jour arrive où Luce est obligée d’aller à l’école. Cette absence quotidienne pèse
énormément sur la Varienne. La petite Luce le ressent fortement. Alors, elle se ferme aux mots, elle se bloque devant le savoir, se refuse à l’école.
Son institutrice, la demoiselle Solange, désire par-dessus tout, la sortir de son
ignorance. Elle semble être la seule à savoir que fille de demeurée n’est pas forcément demeurée.
Mais la petite s’enfuit à toutes jambes de l’école. Elle se réfugie de tout son être
dans la fièvre torpide qui la fait rester avec la Varienne dedans leur petite maison, ensemble, en un bloc indissociable, indivisible, inébranlable et indestructible…
Mon
avis :
Les Demeurées est un petit roman de 80 pages. Il est une fable poétique d’une force inouïe. Chaque phrase de Jeanne Benameur véhicule une poésie chargée d’une intense émotion. L’émotion de
l’inquiétude, l’émotion de l’empathie, de l’incompréhension, du repentir, l’émotion de l’ouverture et du savoir, l’émotion de la vie.
Jeanne Benameur prouve que l’on peut porter le roman à un stade, à des niveaux
supérieurs, que l’on peut faire rimer prose avec poésie.
Lisez la première page et vous glisserez en cette bouleversante fable jusqu’au
tourné de la dernière, vous sentant pénétré, habité par l’intensité exceptionnelle du récit.
Une pure merveille de style, tant en sa forme, qu’en son
essence.
Alexandre Astrid, un policier que la vie a brisé via la perte accidentelle et prématurée de sa femme et de ses
deux enfants, se voit un jour confier un manuscrit anonyme. Il comprendra ensuite qu'il provient certainement des mains même d’Edouard Dayms, le criminel qu’il cherche à confondre.
Ce manuscrit mêle étrangement la fiction d’avec la réalité. La réalité de Dayms ainsi que la sienne. Où commence
le réel, où s’arrête l’imaginaire ?
Quel message subliminal découle de ce manuscrit ?
Alexandre conservera-t-il ses repères ?
Ne s’étourdira-t-il pas jusqu’à sa propre perte, dans la folle danse que se font alors le passé d’avec le présent,
les réalités de chacun, toutes confondues et imbriquées en un écheveau épais ; et enfin l’histoire écrite d’avec sa propre histoire ?
Mon avis :
Marcus Malte nous propose un roman captivant, un roman puzzle. Il nous présente chaque facette de cette histoire
comme un zoom se focalisant sur chacune d’entre elles. Quand le zoom arrière s’effectue alors, le lecteur se surprend à constater l’assemblage de nombreuses pièces, de plus en plus de pièces,
jusqu’à n’obtenir plus qu’un seul et unique morceau cohérent.
Un formidable récit de chat se jouant de la souris et un redoutable jeu de manipulations
psychologiques!
Si vous désirez vous changer les idées en partant dans une histoire ne se prenant pas au sérieux, mais étant
sérieusement drôle, ce roman est pour vous !
Au crépuscule de sa vie, une vieille dame se voit placée en résidence de retraite : les Amaryllis. Elle s’imagine déjà en partir, comme la quasi-totalité des ses pensionnaires quand
ils ne sont pas redirigés vers une structure prenant en charge les vieux perdant l’esprit ou devenant incontinents, les pieds devants. S’engage alors de sa part, une résistance sourde et latente
contre la débilité et la sénilité fondant sur les internes en maison de retraite, précipitées par l’infantilisation avec laquelle on les traite. Aux Amaryllis, elle rencontre une femme, Jamila,
qui leur sert les repas et y fait le ménage.
Les deux femmes se prennent d’amitiés. Mais Jamila doit quitter la France
précipitamment pour le Maroc. Sa princesse se meurt. Avant de partir, elle confie à la vieille dame des cassettes audio sur lesquelles elle a enregistré l’histoire de sa princesse : Alia.
Elle lui demande de raconter par écrit, l’épopée de l’existence de sa princesse, de redonner vie à son Alia.
Commence alors pour la retraitée, un surprenant et inattendu voyage dans le monde de
l’écriture ; monde qui lui était jusque là encore inconnu. Une relation quasi métaphysique entre la princesse Alia et l’écrivain en devenir, s’opère alors…
Mon avis :
Catherine Hermary Vieille nous emmène en de lointaines contrées. Elle nous fait
rebondir d’une vie à l’autre ; une qui s’est déroulée et qui s’est terminée, l’autre dont se déroulent les dernières années vesprées. Nous nous apercevons alors que sensiblement, les deux
existences finissent par se lier insidieusement, par l’influence qu’Alia finit par avoir sur sa biographe.
Ce roman est une réussite car il est double. Le roman de l’existence d’Alia cohabite
avec celui de la vieille femme. Ils sont tous deux très biens menés, pris séparément. Mélangez-les, laissez agir et vous obtenez cette inter-activité entre les deux histoires, ce lien
particulier, cette osmose prenante qui nous fait voyager loin, si loin…
Quatrième de
couverture:
Dans ce roman oscillant entre rêve et
réalité, Catherine Hermary-Vieille retrouve la sensualité et l'atmosphère envoûtante du Grand Vizir de la nuit.
Afin d'oublier la monotonie de son quotidien, une vieille dame décide d'écrire l'histoire d'Alia, enfant volée mise en esclavage, et devenue, à force de volonté et d'intelligence, la favorite du
Glaoui dans le Marrakech des années 30. Transportée par la fougue de l'univers créé au fil de son récit, immergée dans les sortilèges de ce monde des Mille et une Nuits, elle retrouve la force
d'exister et le courage de se révolter.
Mais Alia et la narratrice ne seraient-elles pas une seule et même personne ? Soulignant la puissance libératrice de l'imaginaire et du rêve, Le roman d'Alia est à la fois un bouleversant
portrait de femme et un voyage secret et troublant au cœur d'un Orient mythique.
Un homme en instance de divorce et une jeune femme mariée, vivent une relation d’amour intense. Lors de la soirée
de leur premier rendez-vous, un jeu de séduction, d’émotions et de ressentis non dissimulés mais non-dits, semblent tisser l’écheveau, le rets de leur relation adultère.
Parallèlement à leur rapport, Alice Ferney nous expose le quotidien de couples d’amis, leurs déboires, leurs
allégresses, leurs problématiques et interrogations sur la liaison et fonction du couple. Nous vivons l’évolution des histoires, des pensées et points de vue, mouvants ou stagnants, ballottés par
le défilement implacable du temps qui passe.
Alice Ferney.
Mon avis :
Alice Ferney réussit le tour de force de décrire sur trois cent pages, les différentes étapes d’une rencontre
amoureuse. Elle décrit avec précision les multiples interrogations que tout à chacun se pose alors. Nous percevons la nette différence d’approches, d’appréhensions et de ressentis qu’un homme et
une femme peuvent éprouver dans tels cas ; leurs attentes, leurs espérances, leurs frustrations et leurs surprises, bonnes ou mauvaises.
Ce roman est très vivant et offre l’intérêt, en sus du dénouement intrinsèque de l’histoire, d’offrir une vision
strictement féminine du cheminement cérébral féminin, lors de la relation amoureuse.
Ce qui inspire à l’homme que je suis la maxime suivante :
La réflexion sentimentale féminine est l’art de se poser mille questions là où l’homme ne s’en pose à peine
une.
Ce roman, quasi philosophique parfois, se lit très aisément et permet donc un élargissement de la vision
masculine, quant à celle des femmes. Il peut constituer également une preuve de la remarquable et remarquée, complexité féminine...