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Titre : Règle de Trois.
Auteur : Delphine Alpin-Ricaud
Roman auto-produit et imprimé sur les presses d’Ipadour à Pau.
Année : 2005
L'intrigue :
Une vieille dame, au crépuscule de sa vie, au soir d’elle-même, demeure dans le souvenir de son défunt mari. Plus qu’en son simple souvenir, elle vit encore avec son essence, avec son fantôme… Le soir au coucher, elle lui laisse une place au creux de son lit. Elle est si connectée à lui, qu’il en est palpable. Elle peut le sentir, lui faisant l’amour…
Oui mais voilà, un jour sa fille lui annonce une bouleversante nouvelle. Son mari n’est pas mort !
Elle a retrouvé sa trace sur une lointaine île ; naufragé de la vie…
Comment accepter cette révolution ? Comment arriver à aimer l’homme qui les a finalement abandonnées ? Comment conserver l’auréole de ce mari qui fut si superbe fantôme ?
Comment vont se passer les retrouvailles ? L’amour saura-t-il policer la surprise, effacer les rancœurs, panser les incompréhensions ?
Mon avis :
Delphine Alpin-Ricaud réussit l’exercice difficile (surtout pour une jeune femme), de se glisser dans la peau d’une vieille dame usée. Elle décrit avec une remarquable précision, la relation frissonnante d’émotion que cette dame âgée partage avec son fantôme d’époux.
Un étroit rapport unit cette dame à sa fille, lequel rapport est considérablement perturbé par l’apparition du papa inconnu, du mari par l’au-delà auréolé. Cette situation haute en psychologie des rapports humains est dépeinte avec brio.
Les émotions saisissent le lecteur, lui procurant sourires, élans de tendresse et ont propension à titiller ses glandes lacrymales. Le tout dans un sentiment parcourant sans cesse son échine et redressant sensiblement ses poils !
Magnifique d'émois ! De plus, Delphine accentue le réalisme et exacerbe la sensibilité de son texte par l’incorporation d’échanges épistolaires d’entre les trois protagonistes. L’ensemble est écrit dans une esthétique poétique délectable.
L’ouvrage est somptueusement préfacé par Michèle Palisses, qui vous met l’eau à la bouche…
Une question demeure :
Pourquoi ce livre est-il seulement auto-produit ? Il m’apparaît évident qu’au vu de son excellente facture doublée d’un tel concentré de sensibilité, les comptes d’éditeurs seraient certainement intéressés.
Messieurs, Mesdames en charge de maisons d’éditions, lisez ce livre et vous saisirez qu’il mérite de trouver un essor et un écho à sa mesure !
À dévorer sans modération, pour qui aime à nourrir son âme, son cœur, d’émotions pures…
Art et Littérature