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Titre : François le Champi
Auteur : George Sand
Genre : Roman champêtre
Éditeur : Le livre de poche
Collection : Les Classiques de Poche
Année de création : 1850
Année de cette parution : 2008
ISBN : 9782253013464
L'intrigue :
Par une journée se voulant ressembler à beaucoup d’autres, Madeleine Blanchet s’en vint au lavoir, chargée de linge. Elle y rencontre un jeune garçon, tout de hardes vêtu. Ce garçonnet est un champi qui vit depuis peu, non loin de la propriété des Blanchet, avec une femme sans le sous répondant au nom de "la Zabelle." La dureté de l’existence d’alors, vint assez rapidement à bout des forces de "la Zabelle." Madeleine recueillit le jeune champi qu’elle considéra comme son enfant. Et si l’amitié qui unissait ces deux âmes, fut des plus pures et des plus puissantes, elle ne fut point observée et appréciée par toute la société alentour, à sa juste valeur…
Mon avis :
Avec "François le Champi", George Sand nous narre, via les voix de la servante de monsieur le curé et du chanvreur, lors d’une agréable veillée campagnarde, un joli conte agreste. Elle nous entraîne dans cette dualité, cette duplicité antagoniste et si destructrice chez l’humain, qu’est la bonté qui côtoie la vilenie. Parfois et bien souvent, cette lutte fratricide se produit au sein d’un même individu, mais dans ce joli texte, elle s'exprime entre divers personnages : les uns sont animés de pureté et les autres, de bassesse. George Sand donne toute sa juste résonance à l’adage "Homo homini lupus" "L’homme est un loup pour l’homme". Elle met en avant également, la maxime qui fait mention qu’un bien mal acquis, ne profite jamais, et que tout ce qui est né de mauvais plants, n’engendre que mauvais fruits. Inversement, l’âme haute ne se laissant point souiller par la médiocrité alentour, ne cesse de créer le solaire et le bénéfique. Or, un environnement positif ne seyant point au mal, ce dernier finit par reculer.
George Sand nous inonde avec ce récit, d’une multitude de belles intentions, de louables idées et de nobles visions, mais l’ensemble est parfaitement dénué de pathos, bien au contraire et là est la magie de la plume de cet écrivain d’exception ! Ce récit est une bouffée de la campagne de jadis, une bouffée de pureté et nous laisse le cœur vibrant, comme à toute fin de joli conte. Le lecteur se prend d’une forte inclination pour les personnages de Madeleine et de François, transporté qu’il est, par la fulgurance et l’éclat de leur relation.
Voici de nouveau un livre qui nous laisse une fragrance de farine et de blé chauffé de soleil, en suspend ; un livre qui comme savait si bien en créer George Sand, réveille en nous, le paysan (dans le sens noble du terme) qui sommeille en chacun de nous, par la magie de l’atavisme ; mais elle réveille le paysan d’autrefois, celui qui lui fut contemporain.
La magie de George Sand, fait qu’à plusieurs reprise, à la lecture de ses romans champêtres, il me semble remonter du tréfonds mon être, des parfums, des images et des émotions, d’une force et d’une précision qui me surprennent mais en aucun cas qui ne m’inquiètent ; bien au contraire, je m’en vois plutôt rassuré.
La Magie de la Littérature…
Art et Littérature