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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /2010 18:47

 




 

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Titre :                                       Notre-Dame de Paris

Auteur :                                  Victor Hugo

Genre :                                     Roman médiéval

Éditeur :                                  Garnier-Flammarion

Année de parution :             1831

Année de cette édition :      1967

ISBN :                                       Inexistant

Nota :                                       Texte intégral

 


 

 


 

 

Résumé :

 

 

Notre-Dame au 15ème siècle, ouvre ses portes sur l’exubérance tumultueuse du quotidien médiéval parisien. Réceptions, processions, célébrations, le tout en grandes pompes, où pontes et gueux se coudoient alors, fréquemment se jouent en son enceinte.

L’archidiacre Claude Frollo se complait dans sa sainte attitude, à barrer le grand navire "Notre-Dame." Son cadet, Gehan se satisfait dans la légèreté de parole, de réflexion et de faits. Pierre Gringoire se repaît de philosophie, s’évertue à versifier ses épithalames. Le capitaine Phœbus se regorge de prestance vestimentaire et de hautaines postures mussant de basses pensées. La Gudule pleure depuis 16 années, sa petite, volée à l’aube de ses jours, par une égyptienne.

C’est ainsi que tout ce microcosme, tout ce petit monde se voit perturbé, dérangé, enragé, enrayé par l’impromptue arrivée d’une blanche et pure jeune femme égyptienne, accompagnée d’une drôle de petite chèvre. Cette beauté vit de danses envoûtantes, car mûe d’une indicible grâce, d’une ineffable volupté.

Tous les regards, tous les cœurs et toutes les attentions se tournent alors sur cette rayonnante damoiselle…

 

 

 


 

 

Notre-dame-de-paris 1967

 


 

 

Mon avis :

 

 

Victor Hugo nous mène au sein d’une histoire qui, sous d’autres plumes, conduite par d’autres imaginations, eut pu être banale, voire rébarbative et rapidement menée à terme.

Mais nous parlons là d’un maître de la mise en scène, de la narration et de la construction littéraire.

Alors que les protagonistes de "Notre-Dame de Paris" sont depuis longtemps installés dans leur existence, à l’aise en leur quotidien, la seule arrivée fortuite d’une jeune beauté, suffit à réveiller en eux ce qu’il y a de plus antinomique, conflictuel et violent ; ce qui existe en eux de plus beau comme de plus sinistre. Je veux parler de l’amour, de l’altruisme, du désir, de l’égoïsme, de la jalousie et de la luxure.

L’auteur nous démontre avec quel brio, que lorsque plusieurs âmes focalisent leurs sentiments exacerbés, sur une même créature, alors se cristallise le choc brutal desdits sentiments. Le conflit se veut externe, d’un protagoniste à l’autre, mais également interne, dans l’esprit écartelé de contradictions, dans le cœur tuméfié de rixes intérieures, d’un même individu.

Il ressort de cette acétique recette, l’apparition d’oppositions d’intérêts, mettant à mal les désirs et l’amour, conduisant à une tragédie qui se veut bien souvent inéluctable.

Victor Hugo nous invite à un auguste voyage homérique, au sein de la bêtise humaine, où à trop regarder son propre nombril, sa petite passion, son petit désir, fussent-ils perçus des protagonistes comme étant immenses, l’individu ne voit plus vraiment l’être convoité, mais uniquement son unique convoitise. Plutôt que de chérir et d’œuvrer pour le bonheur et le bien-être de l’objet de son adoration, il le conduit et l’entraîne au désespoir, voire bien pire.

C’est ainsi que, si l’archidiacre Claude Frollo eut possédé l’âme aussi pure que l’aurait demandé son état ecclésiastique, celui-ci n’aurait point regardé sa propre souffrance. Il se serait seulement contenté de se chauffer au feu de son amour pour celle qui habitait son cœur ; peu importe qu’elle l’aimât ou non, l’essentiel résidant en l’heur de l’âme chérie.

C’est ainsi que si le capitaine Phœbus ne fut autre que vil manant, ne cherchant qu’à assouvir son ego, s’il s’était contenté de désirer la Esmeralda de loin et de bien mener ses épousailles d’avec sa promise, la douce jeune égyptienne n’en serait point alors tombée en ses filets d’illusion.

C’est ainsi que si les événements en cascade, ne s’étaient pas emballés dans un climat délétère, la jeune Esmeralda n’aurait certes point été inquiétée ni menacée et en aucun cas elle n’aurait du l’être, par l’ombre menaçante et ô combien sinistre du gibet !

 

Magnifique récit que celui-ci, dû à la plume précise, didactique comme poétique de Victor Hugo ! Belle démonstration de ce que peut engendrer cette pathétique suffisance humaine, engendrant tant d’insuffisance !

Un pur régal, nonobstant le petit goût amer demeurant après lecture, lequel goût fut sans aucun doute voulu et recherché par l’auteur.

 


 

 




 

 

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Art et Littérature

Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Art éclectique
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Dimanche 18 juillet 2010 7 18 /07 /2010 17:21

 




 

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Titre :                             Les dames de Saint-Pétersbourg

Titre original :             Baryni

Auteur :                         Nina BERBEROVA.

Traduction :                 Cécile Térouanne

Genre :                           Roman slave

Éditeur :                        Acte Sud

Année :                          1995

ISBN :                             2 7427 04 701


 

 


 



Résumé :



La Russie du début du 20ème siècle, se voit agitée sous le joug de la révolte. Une mère et sa fille fuient Saint-Pétersbourg, devenue véritable poudrière.

Dans leur périple, elles font halte dans une pension de famille, tenue par le docteur Byrdine. Barbara Ivanovna ainsi que sa fille Margueritte, arrivent en cette demeure, pour le souper. Les présentations se font timorées ou inquisitrices, c’est selon.

Durant la nuit, Barbara succombe à deux attaques…


 

 


 

 

Les dames de Saint-Pétersbourg

 

Illustration de couverture:

Pierro Marussig, "Deux femmes dans un café (détail), 1924

Musée d'Art moderne de Milan.

 


 

 

 

Mon avis :



La misère de cette Russie du début du siècle dernier, est le support, voire la véritable héroïne de ce noir récit. L’atmosphère y est lourde de vérité, étouffante de réalisme.

L’auteur imprègne à son texte, le sentiment prégnant d’un avenir compromis, voué à la rigueur et à l’indigence.

Les individus, à force de subir cette dernière, s’engoncent en une grossière armure de dureté et d’avarice.

Dans un style relativement dépouillé, Nina Berberova nous convie ici, à un voyage rapide, le texte ne faisant que 77 pages, au pays de la douleur pesante, sur des terres n’ayant guère connu de périodes légères.

 

 


 

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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 18:34

 




 

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Titre :                                                         Le Meunier d’Angibault

Auteur :                                                    George Sand

Genre :                                                       Roman

Année de parution :                               1845

Année de la présente édition :             2007

Editeur :                                                   Librairie Générale Française

Collection :                                              Classiques de Poche

ISBN :                                                       9782253036531



 





Résumé :

 



Marcelle de Blanchemont, jeune et riche héritière, qui depuis peu se trouve être la jeune veuve d’un mari dilapidateur, vit langoureusement à Paris, sa bien lourde oisiveté. Sa vie s’éclaire à la rencontre d’un jeune plébéien : Henri Lémor. Ils s’aiment d’un amour violent, sans concession et sincère. Mais leur condition respective creuse l’abyssale fosse dans laquelle s’abîme leur bonheur naissant.

Marcelle réalise alors que pour être heureuse, et se pouvoir donner à son amant, il lui faut ne plus demeurer patricienne. Pour cela, il lui faut établir l’état de ses biens, en ces terres de Blanchemont, perdues au tréfonds du Berry, dans la Vallée Noire. Là, elle rencontre un amène meunier. Ce dernier, fort sympathique et loin d’être idiot, est gueux. Il est cependant épris d’une belle et jeune bourgeoise. Leur différence de caste creuse l’abîme dans laquelle semble vouloir sombrer leur potentiel et naissant bonheur…

 

 

 


 


  Le meunier d'Angibault

 





Mon avis :



Nous voici plongé au cœur d’une épopée sentimentale, à une époque non si lointaine, où le mariage se faisait affaire lucrative, plutôt qu’union de cœurs.

Mais les quatre protagonistes principaux ne s’en laissent point conter. C’est dans le nivellement vers l’indigence, de leurs situations sociales, qu’ils escomptent bien enfin donner libre court à leurs nobles sentiments.


George Sand aborde avec panache et couleurs, ce combat qui a laissé tant de cœurs brisés, se pleurant dedans des caniveaux d’oubli et d’indifférence ; ce combat qui fut celui de se pouvoir marier d’amour.


Dans un Berry que l’on sent chéri de l’auteur, les principaux personnages, c’est à dire Marcelle de Blanchemeont, Henri Lémor, Grand-Louis et Rose Bricolin, dont pour cette dernière, les seuls aiguillons ne sont guère que sa parentèle, sont d’une finesse d’esprit contrastant de façon croustillante avec la rusticité, la rapacité des Bricolin. Les Bricolin, ces paysans parvenus à quelque richesse, qui ne vivent "au jour d’aujourd’hui" que pour le paraître plutôt que pour l’être, tiennent un rôle important. Ils briguent les biens de Marcelle et s’opposent farouchement à unir leur fille avec un prolétaire.

Si George Sand eut été de notre époque, gageons qu’elle aurait fait évoluer les Bricolin au sein d’une quelconque télé réalité, tant la superficialité est leur credo.

Le bien contre le mal ; l’argent contre l’amour ; la cupidité contre la magnanimité : telle est la rixe que nous propose George Sand. Le tout dans un écrin berrichon, vivifiant et croustilleux à souhait, au détour de ce récit où la sagesse la plus noble côtoie allègrement la plus vile avarice, où la pureté de l’esprit ouvert côtoie la folie la plus emportée de l’esprit s’étant, de douleur, définitivement clos.

À nouveau, que voilà une bien belle flânerie, au pays d’Autrefois qui, bûches dans l’âtre de vieilles pierres, calèches et bodets, brandes et garennes, glaneuses et antiques moulins, ravive en nous les souvenirs tout droit transmis de nos aïeux !


 

 


 


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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 17:25

 




 

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Titre :               La Vouivre

Auteur :          Marcel AYMÉ

Éditeur :          Gallimard

Genre :            Roman fantastico-ethnographique

Année :           1956

ISBN :              inexistant



 


 

 


Résumé :



Dans la campagne jurassienne de Vaux-le-Dévers, les familles Muselier et Mindeur s’entredéchirent depuis si longtemps, que les raisons initiales en sont devenues obscures et que seul persiste, une inimitié de forme.

La vie se déroule entre travaux fermiers, culte et athéisme radical en bras de fer permanent, en équilibre constant.

C’est alors qu’une séculaire et endémique légende semble avoir pris chaire et vie, sous les traits d’une jeune femme pleine de vie, n’arborant nulle pudeur, toujours précédée d’une vipère et portant un diadème sans prix…

 

 

 


 

 

La Vouivre


 


 

 

 


Mon avis :

 



La Vouivre nous mène insensiblement, à aborder le thème existentiel de la mort ; existentiel car que serait l’existence si elle n’était pas conclue du trépas ? 

Marcel Aymé aborde habillement ce sujet, en prenant le lecteur à contre-pied. Alors que ce dernier à l’habitude du schéma classique qui se résume en la recherche de l’immortalité, par le mortel convoitée ; ici, la Vouivre, personnage légendaire n’ayant ni commencement, ni fin, observant depuis toujours l’homme éphémère et son évolution, déroulant ses jours sans davantage se poser de question, en arrive un jour à sentir son cœur s’animer d’un sentiment nouveau, en la braise du regard acier d’Arsène Muselier. Elle finit par se demander ce que peut-être la mort. Son existence propre, à elle qui en a tant vu et qui en verra encore bien plus, ne serait-elle pas enrichie de façon exponentielle, placée sous le joug inconnu de son être, de la Camarde venant y mettre un point final ?


Quelle balade ! Quelle bouffée d’oxygène ! Quelle ravigotante nostalgie des parfums d’antan ; de ceux que nous n’avons jamais connus autrement que par l’atavisme ! Quelle magie en ce récit à la dualité complémentaire ! La magie de l’improbable venant côtoyer l’ordinaire des journées paysannes jurassiennes d’autrefois !

Á la lecture de cette œuvre, on se sent de respirer l’air chaud d’un été serein sachant toutefois dispenser ses orages. On se surprend à flâner, l’âme vagabonde, sabots aux pieds, un brin de graminée à une commissure, quelque résidu d’éteule dans la poche de la veste, des lépidoptères aériens et colorés, virevoltant et papillonnant allègrement à l’entour. On se surprend à cheminer sur le sentier fleuri et odoriférant de l’Autrefois.


Je le dis souvent, c’est exact mais n’importe (formule appréciée de M. Aymé) ; n’importe ! disais-je donc ! Que ce récit est bon ! Quel voyage ! Là est la Littérature ! Dans le voyage ! Magnifique et exaltant !

 

 


 

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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Le champ du monde
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 15:15

 




 

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Auteur :             Gustave FLAUBERT

Titre:                  Madame BOVARY

Editeur :             Presse de la Renaissance

Année :              1979

ISBN :                285616109-X



 





Résumé :



Charles Bovary, minot issu de la ruralité paysanne, parvient par ses études laborieuses, à se hisser au statut de médecin.

Il commence l’exercice de son métier et tâche tant bien que mal, de se faire une clientèle. Parmi cette dernière, demeure un patient, le père Rouault, paysan vivant au lieudit "Les Bertaux", qui souffre de s’être brisé une jambe. Charles se montre compétent et la jambe de monsieur Rouault se remet bien vite. Notre médecin assure alors des visites régulières à son patient. Il est cependant important de préciser, que monsieur Rouault a une ravissante fille, répondant au nom d’Emma…


 

 


 

Mme Bovary

 


 

 


Mon avis :



Don Quichotte chassait follement des égarements déments, aux travers d’éthérés moulins à vent ; Emma elle, poursuit l’illusoire passion, n’existant réellement que dans les méandres de son esprit éternellement insatisfait et mû d’un caractère instable.

Gustave FLAUBERT cristallise, dans le personnage d’Emma BOVARY, tout le cynisme, la vénalité et l’hypocrisie, que peut revêtir parfois, l’acétique personnalité de certaines femmes.

C’est alors une course sournoise et abjecte qui s’amorce. Il faut à Emma, toujours plus pour assouvir ses désirs, nourrir son ego. Il lui faut impérativement donner le change en société, lequel se doit d’être toujours plus reluisant. Il lui faut davantage de strass, être toujours plus clinquante ; aujourd’hui on dirait : toujours plus de "bling-bling."

Elle se noie dans des passions qu’elle est la seule à s’imaginer entrapercevoir, avec des hommes qui ne désirent finalement que la posséder, l’avoir pour maîtresse ; car alors, n’est pas homme accompli, qui ne possède point de maîtresse.

De désillusions en attentes désabusées, d’aveuglements en revers cinglants, Emma consume  ses illusions de bonheur sur le terreau corrompu de sa décadence, la conduisant intérieurement et pernicieusement, à son inéluctable perte.

Emma en arrive à mépriser Charles, qui pourtant, lui voue un amour sans borne, mais ne devinant cependant pas les troubles qui hantent son épouse.

A trop convoiter l’étoile controuvée en un ciel apocryphe, le nez au vent, l’esprit embrumé d’œillères, Emma ne devine pas le gouffre béant et sinistre qui se dessine sur sa route d’égocentrisme. Elle qui ne donne rien, qui n’offre rien et n’apporte rien mais qui désire et quémande tant, qui veut tout et tout de suite, va devoir se débattre avec sa propre vacuité d’âme — laquelle vacuité d’âme, la mènera vers une bien glaciale issue.

Gustave FLAUBERT, à travers ce couple, nous remue les tripes, d’émotions pures, émanant néanmoins, de pensées et de faits impurs. Gustave FLAUBERT donne un nom, via ce personnage d’Emma BOVARY, à cette étrange et pathologique recherche désespérée de ce qui ne se peut être atteint et déniché en ce bas monde — ce nom est : "Le bovarysme."


Ce texte fourni, de 412 pages, nous tourbillonne au gré de cataractes émotionnelles, par des descriptions peintes à la virtuose plume poétique et précise de Monsieur FLAUBERT, via de savoureux échanges et dialogues, ainsi que cette extraordinaire puissance du verbe flaubertien, qui permet d’exacerber les silences, les pesantes lourdeurs de la tristesse qui s’insinue dans l’existence de Charles, de la folie s’immisçant dans la psyché lézardée d’Emma.  


Magnifique ! Quelle démonstration ! Tenir ainsi en haleine le lecteur, avec une histoire dont la trame aurait pu rapidement s’effilocher, s’affadir de par son intrinsèque platitude, relève de l’exploit, du maître !

A lire et relire sans aucune modération ! Mesdames, jamais ne suivez l’exemple de cette pauvre Emma !

Madame BOVARY ; un récit qui flirte avec la bassesse humaine et qui cependant, vous élève l’âme…


 

 


 

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /2010 19:35
Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Art éclectique
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 10:21

 




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Titre :                                                 Voyage au bout de la nuit

Auteur :                                             Louis-Ferdinand Céline

Genre :                                               Roman (critique sociétale satirique)

Editeur :                                             Gallimard

Collection :                                       Folio

Année de création: 1952

Année de cette publication :        1987

ISBN :                                                 2070360288


 

 


 


Résumé :


Le jeune Ferdinand Bardamu, sur un coup de tête, s’engage dans l’armée. Il y découvre la guerre, ses horreurs et absurdités. Il y discerne également, un monde brutal, sanguinaire, scabreux et misérable.

De nombreuses aventures l’attendront au sortir de l’armée. Il fera étape en Afrique, aux Etats-Unis, puis s’en reviendra en France, à Garenne-Rancy.

Il n’aura alors de cesse, de réaliser que les qualificatifs : "brutal", "sanguinaire", "scabreux" et "misérable", ne s’accordent pas uniquement à la guerre, mais bien à l’Homme lui-même.



 


 

 

Voyage au bout de la nuit

 

 


 


Mon avis :


Louis-Ferdinand Céline explore en profondeur dans cet ouvrage conséquent en termes de message comme en termes de volume, la condition humaine demeurant bien pitoyable. "Des pourrissements en suspens."

Céline n’a de cesse de démontrer que quoi qu’il puisse advenir d’un homme, que quelle que soit son éventuelle réussite, que de quelque condition sociale ou nationalité dont il se peut être issu, il erre in fine, lamentablement dans la mélasse de sa médiocrité graveleuse, tantôt condescendante, tantôt vile, souvent vulgaire.

Dans un style surprenant car faisant moult entorses à la grammaire la plus élémentaire, via des formules hasardeuses : ("C’est nous qu’on a…" plutôt que : "C’est nous qui avons…" "J’ai pas…" ou "Je veux pas"…  plutôt que : "Je n’ai pas … " ou "Je ne veux pas…"), Céline installe somme toute, une plume alléchante, empreinte d’envolées lyriques nous menant jusqu’à une certaine poésie, même dans ses descriptions les plus acides, sur l’état déplorable d’une humanité vouée  à la putréfaction.

"Voyage au bout de la nuit" est un ouvrage majeur, qui marque par son réalisme sans concession, sa sincérité, sa finesse d’observation et son acuité empreinte d’humilité.

 

 

 




 

 

 

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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /2010 11:16



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Titre :                                      Trois contes de Flaubert

Auteur :                                   Gustave FLAUBERT

Genre :                                    Recueil de 3 nouvelles

Editeur :                                  Librairie Larousse

Collection :                             Classiques Larousse.

Année :                                    1973

 



 


Un cœur simple :

 

Résumé :


Félicité est une de ces femmes sans âge qui, au siècle dernier, étaient au service d’une famille de la bourgeoisie. Elles étaient alors presque autant attachées aux membres de ladite famille, qu’aux lieux occupés. Il arrivait parfois que des liens particuliers arrivent à se tisser entre servante et maîtresse.


 

Mon avis :


Par le truchement du personnage de félicité, Gustave Flaubert peint la vie sans grand relief d’une servante ancillaire à une famille l’employant généralement et plus particulièrement, au service d’une patronne. Les événements aussi insignifiants se pouvaient-ils être, arrivaient alors à revêtir un caractère d’exception, à dessein plus ou moins conscient, de colorer quelque peu un quotidien plat et linéaire. Il se pouvait subvenir en cette existence rythmée de tâches récurrentes, qu’un amical et réciproque sentiment naisse, entre servante et servie.

 

 



La légende de saint Julien l’hospitalier.

 

Résumé :


Julien est un enfant issu d’une famille aisée. Il grandit en ayant pour obsession, de s’adonner à des jeux se résumant à sacrifier tout ce qui est animal et insecte. Il se passionne pour la chasse ; non pour son côté bucolique mais bien pour son aspect dominateur, destructeur. Toute créature à quatre pattes devient automatiquement une cible.

Un jour, un grand cerf atteint en plein front par l’une des flèches de Julien, l'invective de ces humaines paroles : “Maudit ! Maudit ! Maudit ! Un jour, cœur féroce, tu assassineras ton père et ta mère ! …

 

Mon avis :


Julien traverse les premières années de sa vie dans la passion de la destruction du vivant. Il fabrique là, la croix qu’il se devra de porter tout le reste de ses jours.

Gustave Flaubert narre la facilité qui consiste à se consacrer au mal ; la difficulté résidant à racheter ses méfaits.

A trop descendre dans l’abîme de ses actes mortifères, il apparaît comme le pire sacerdoce que d’espérer, par le repentir, remonter vers quelque lumière. Quand cette dernière décide enfin à se montrer, il se peut qu’elle soit alors, celle de son propre trépas.


 

 


 


Hérodias.

 

Résumé :


Dans la citadelle de Machærous, la vie se déroule dans les obscurs arcanes d’un pouvoir basé sur le principe de la tétrarchie.

En ces temps chaotiques, où chaque idée est virulente, où chaque précepte s’octroie de façon relativement rude et brutale, il est certaines prophéties qu’il n’est pas bon proférer…

 

Mon avis :

 

Flaubert aborde en ce récit de grande richesse historique, d’une minutieuse précision, les bouleversements causés par la survenue d’un certain messie…

La religion qui impose son dictat d’intolérance, meut l’homme-marionnette en faiseurs de vils actes.





trois contes






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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Le champ du monde
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /2010 12:39



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Titre :                 Nocturne céleste

Auteur :            Benjamin Rosenberg

Editeur :            Les Editions Le Manuscrit

Genre :              Roman

Année :             2009

ISBN :                978-2-304-02836-2

 

 

  Nocturne céleste est le deuxième ouvrage de Benjamin, il est arrivé finaliste du prix du roman 2010.

 



 

 


Résumé :



Voici trois années que Thibault souffre de sa séparation d’avec Olda. Il l’aimait avec passion mais elle lui préféra un autre homme, de plus haute condition sociale. Sans doute Thibault n’était-il pas assez bien pour elle…

Le jeune homme tente de se rattraper à l’amour de sa vieille mamie qui se meurt petit à petit. Certain soir, alors que la vie lui semble trop l’accabler, après avoir essuyé l’acrimonie de son patron, Thibault va chercher refuge dans quelque douloureuse ivresse. Il erre ainsi, dans un Paris endormi, jusque tard dans la nuit.

Arrive le moment où, de la fenêtre ouverte d’un petit immeuble, une délicieuse mélodie sortie tout droit d’un hypothétique et féerique piano, s’échappe et le transporte vers d’autres cieux…

 

 

 


 

 

Nocturne céleste

 

 


 

 


Mon avis :

 


Thibault est jeune mais son vécu est déjà lourd. Elevé par sa grand-mère à la suite du décès de ses parents, il développe une sensibilité exacerbée. Son besoin d’amour, son appétence à aimer, habite à ce point tout son être, que son âme en arrive à se connecter avec l’essence même de l’amour, aussi éthéré soit-il, émanant peut-être d’une beauté fauchée en son printemps…


Benjamin Rosenberg nous flâne l’esprit en un récit dont la poésie est à fleur de page, via ce jeune homme intemporel, que la vie a écorché vif.

En cette existence se pouvant peser de sa grisaille, il arrive que l’on aille dénicher lumière et chaleur au delà de soi-même, par delà l’au-delà. 







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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 13:30



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Titre :                                         Toute la nuit devant nous

Auteur :                                     Marcus Malte

Genre :                                       Recueil de trois nouvelles

Editeur :                                     Zulma

Année :                                       2008

ISBN :                                         9782843044595

 



 





Le fils de l’étoile.



Résumé :

 


Un enfant de dix ans se rend en colonie de vacances dans un château de campagne. Il n’aime pas les colonies de vacances. Il y rencontre cependant un étrange alter ego en la personne de François, qui comme lui, supporte difficilement l’environnement des colonies : les petits caïds provocateurs, les moniteurs acrimonieux.

Un soir, les enfants de la chambre de notre protagoniste se moquent tous de lui, excepté François, à ce point que le jeune garçon en pleure toutes les larmes de son corps. C’est alors que François lui promet que le reste de la chambrée ne le raillerait jamais plus…



Mon avis :


Il règne en cette nouvelle, une atmosphère empreinte de schizophrénie latente qui n’est pas sans faire penser au roman Garden of love, du même auteur. 

François  ne serait-il pas l’avers de la personnalité du jeune garçon ? Ne serait-il pas la puissance noire, venant obvier aux faiblesses du blanc revers de la psyché de notre béjaune héros ?


 

 



 


Des noms de fleurs.



Résumé :



Ils sont adolescents, ils sont amoureux de leur planète. Ils la veulent saine, non corrompue de souillures, ils veulent la protéger. Ils ne peuvent pas vivre sur une Terre irradiée.

Ils se donnent des pseudonymes fleuris afin de fourbir leur coup d’éclat, leur coup de grâce, en un écarlate bouquet final.



Mon avis :


Marcus Malte évoque la pollution de certaines âmes humaines ; de celles qui sont dépourvues de repères sains et solides ; de celles qui ne peuvent prendre le recul nécessaire à l’analyse de leur environnement immédiat. En découle l’ineptie dramatique de leurs actes. Ses âmes délabrées n’ont d’autre recours, pour se croire sauvées, que de s’abîmer à jamais.






Le père de Francis.




Résumé :



Dans une cité phocéenne, un homme s’est battu durant cinq années afin que la municipalité accepte de construire un stade, pour occuper plus sainement les minots. Les enfants n’ont dès lors, plus besoin de jeter des pierres sur les trains.

Cet homme est le père de Francis. Il a de suite créé un club de football pour les minots de la cité…


 


Mon avis :



Marcus Malte nous plonge dans l’univers d’une cité marseillaise. Il prête sa plume à la voix d’un petit garçon d’une dizaine d’année qui, à l’instar de nombreux autres, vit le football comme une sub-religion. Nous découvrons via ce minot, un monde où il n’est pas évident d’entrevoir le soleil qui a trop tendance à se musser derrière d’âpres nuées de violence, de délétères et faciles business. Le football représente alors, non seulement une échappatoire, mais surtout un rêve, une place possible au soleil.

Certaines personnalités cristallisent ce rêve, à l’instar de Zizou ; d’autres aident à le réaliser, comme le père de Francis. Ce dernier devient un pilier, un phare pour les minots.

Le plus dur pour eux en leur apprentissage, est de ne pas se retrouver perdus dans l’obscurité la plus totale, lorsque ledit phare s’éteint.

Marcus Malte écrit cette nouvelle à la première personne du singulier, en utilisant un vocabulaire parlé, se voulant comporter les déficiences rhétoriques d’un jeune sans grande instruction. Une fois de plus, la sincérité de la démarche d’alliance de la forme au service du fond de l’auteur, rend l’ensemble crédible et prégnant.




Toute la nuit devant nous Marcus Malte





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Par Frédéric de Cenabum - Publié dans : Mes lectures - Communauté : Communauté des Passionné(e)s
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